On y apprend par exemple que Philippe C., 53 ans, Essec, devient Senior Executive Expert pour le Boston Consulting Group. Ou que Véronique D., 46 ans, diplômée de Paris-Dauphine et de la Société française des analystes financiers, devient Directrice des affaires publiques de Renault.
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais ce genre d'information me laisse sur ma faim. Ainsi, les seules informations jugées pertinentes sont le diplôme initial, et le nouveau poste de cette personne ? Entre ces deux points, espacés de 2 ou 3 décennies, l'esprit en est réduit à tracer une droite imaginaire, faute d'un quelconque éclairage sur le parcours de l'individu nouvellement nominé... Sur l'ensemble de la carrière et les postes précédents, c'est le silence radio. La palme de l'absurde revient sans conteste à l'annonce de la nomination de Pierre S., Docteur en Droit et IEP Lyon, devenu Senior Advisor au sein d'Acxior Corporate Finance : ce doublement diplômé affiche tout de même... 76 ans au compteur. On le définit donc par des diplômes décrochés au bas mot 40 ans plus tôt !
S'agirait-il là d'une exception française ? D'une exception qui fait que l'on inscrit parfois son diplôme sur sa carte de visite, qu'on le mentionne souvent en tête de son CV, que c'est la seule information jugée utile d'être mentionnée (avec l'âge !) à l'occasion d'une nomination ? Et que c'est bien souvent, malheureusement, ce qui déterminera le poste le plus élevé auquel on pourra prétendre au sein d'une grande entreprise. Comme si, à l'instar de la noblesse de jadis, à certains titres correspondaient certaines fonctions.
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Lionel Ancelet




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